En forêt de Compiègne, somptueuse et domaniale

Aux portes du joli village de Saint-Jean-aux-Bois, s’ouvre la somptueuse forêt de Compiègne. Vestige de l’ancien domaine de chasse de François Ier, Louis XIV et Louis XV, le massif est aujourd’hui encore très giboyeux.

Dans une clairière de la forêt de Compiègne

Le ravissant village de Saint-Jean-aux-Bois est né d’une abbaye bénédictine, fondée en 1152 par Adelaïde, femme de Louis XI le Gros. Le village a conservé son église gothique, que caractérisent sa sobriété et la pureté de son style. On y accède par un pont de pierre du XVIIIe siècle à double arcature avant de découvrir la Petite Cour, une ancienne ferme relevant de l’abbaye avec ses maisons d’habitation et dépendances.

 Cerfs, biches, chevreuils au coin du bois

Aux portes du village, s’ouvre la somptueuse forêt de Compiègne, l’une des plus riches avec ses 170 variétés d’arbustes, ses 45 arbres et groupes d’arbres remarquables, et ses hardes de grands cervidés. La forêt de Compiègne recouvre 14 500 hectares, autour desquels s’étendent d’autres forêts domaniales. Occupant des reliefs parfois accentués, elle déploie ses chênes, hêtres et charmes auxquels sont venus s’ajouter depuis une trentaine d’années, pins sylvestres, mélèzes et épicéas;

On doit une grande partie
de ses chênes aux plantations du XVIIIe siècle pour favoriser la chasse. François Ier fut le premier ç aménager le massif en y traçant de vastes allées cavalières, suivi par Louis XIV et Louis XV, également passionnés par le grand gibier. La forêt en a gardé de grandes sentes rectilignes facilitant la chasse à courre, et totalise aujourd’hui 1 500 km de routes, allées et sentiers.

La grande faune y reste particulièrement abondante, cerfs, biches, chevreuils, sangliers, sans oublier les renards. Il s’agit d’avoir l’œil car il est tout à fait possible d’apercevoir entre les frondaisons quelque cerf élaphe. Quant aux oiseaux, ils sont ici comme chez eux, pic épeiche, pic mare, pic noir, mésange bleue et sittelle torchepot, tout autant que les rapaces telles la bondrée apivore.

Pinèdes et futaies de bouleaux, un autre monde

Ruines du Château de PierrefondsPuis on pénètre dans un autre monde , les chemins se font sablonneux, le paysage s’habille de blocs de grès. On traverse des landes et des pinèdes, et quelques fois de jolies futaies de bouleaux dont les feuilles miroitent dans la lumière. Dans une  ambiance feutrée, on suit de grandes allées pavées bordées de fougères dorées, tandis que le vent mugit dans les ramures.

Parfois, on s’enfonce en fond de vallée humide. Les sous-bois se piquent d’hellébore fétide, d’ail des ours et de néotties nid d’oiseau, une orchidée sauvage. Peut-être apercevrez-vous quelque chevreuil en balade, ou dans la pinède, quelque martre des pins. Sans doute ne les verrez-vous pas, mais le secteur est aussi fréquenté par les chauves-souris, petits et grands rhinolophes.

Ailleurs, c’est un superbe point de vue qui s’offre sur l’ensemble du massif, notamment le marais de Bresles et la vallée du Thérain. On croise de jolis étangs de pêche bordés d’iris sauvages tel l’étang de la Garde. Soudain, surgit dans une clairière un porche de pierre ouvragé, ouvrant sur…la forêt. De l’ancien couvent Notre-Dame-de-la-Garde, ne subsiste que le porche d’entrée et quelques vestiges de murs disparaissant sous la végétation.

Un ermitage se trouvait ici au XVe siècle, devenu par la suite un couvent de l’Ordre de Saint-François. En 1847, le monastère prend le nom de Notre-Dame-de-la-Garde. Au XVIIe siècle, il fera office d’asile, de prison et enfin de maison de retraite, avant de finir en émouvants vestiges endormis sous la végétation.